Des pérégrinations d’un colis – De la souffrance de ses propriétaires

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Damoiselles et damoiseaux, je ne peux en premier lieu que vous saluer bien bas.

 

Colis presque perdu
Colis presque perdu

Je m’appelle Balourd, je suis un colis contenant une cinquantaine de kilos de chaînes de montres pendentifs et gousset, et je vais maintenant vous conter mon histoire.

Il était une fois un grand royaume, situé aux confins des pays de l’est, habité par moult hommes et femmes aux yeux bridés à forte capacité d’adaptation et de production.

 

Un beau jour, un e-commerçant d’un petit mais beau pays des confins de l’ouest, eut l’idée de passer commande à l’un de ses fournisseurs du grand royaume. Il s’agissait (roulement de tambours inutiles, puisque vous vous en doutez déjà) de plusieurs milliers de chaînes de montres pendentifs et gousset.

Une poignées d’hommes et de femmes du royaume travaillèrent durant de longues semaines avant que cette inhabituelle commande soit enfin prête. Et c’est là que j’entre en scène, moi, le colis : Balourd. Il faut dire que je me porte bien : je pèse bien 60 kilos pour une silhouette que l’on ne peut guère qualifier que de monolithique : un cube d’environ 60 cm de côté.

Il faut savoir que je voyage avec un compagnon : un autre colis dont la contenance m’est inconnue. Il est aussi gros que moi mais bien moins lourd (environ 20 kilos).

 

Ainsi donc, nous voilà partis tous les deux pour un grand voyage, que je m’apprête à vous conter dans le détail :

  • Mercredi soir – De Guangzhou en Chine (comment, vous aviez deviné ?), nous partons pour Shenzen.
  • Jeudi – Nous arrivons à Shenzen dans la matinée puis repartons sans tarder pour la légendaire Hong-Kong, dont nous pouvons contempler le port en fin de journée.
  • Vendredi – Nous partons tôt le matin vers les confins de l’ouest, et rejoignons Amsterdam à la tombée du soleil. De là, nouveau départ (allez savoir pourquoi) pour Bruxelles dont nous apercevons les lumières juste avant minuit.
  • Samedi – De Bruxelles, « on » décide de nous envoyer vers Leipzig que nous ramarrons tôt le matin.
  • Dimanche – On nous laisse nous reposer.

 

Vitesse : 0
Vitesse : 0

 

  • Lundi – Bis repetita (ah oui quand même, mais il parait qu’il s’agissait d’un jour férié, alors…).
  • Mardi – Nos futurs propriétaires (forts charmants d’ailleurs), sachant que nous sommes partis depuis plus de 5 jours, espèrent nous voir arriver à destination en cours de journée. Que ne seront-ils pas déçus ? Me voilà effectivement en route vers Nantes, puis Bordeaux (ma destination finale) où nous arrivons triomphalement en début d’après-midi.
  • Mercredi – Selon toute vraisemblance, étant arrivés la veille bien avant la fin de journée, nous devrions être livrés à nos propriétaires aujourd’hui. Non ? Si ! Et pourtant … Les procédures qui auraient pu (dû ?) être effectuées la veille ne le sont qu’aujourd’hui. Et me voilà en attente une journée de plus.
  • Jeudi – Cette fois-ci, tout est prêt, enfin .. en théorie. Mon petit camarade part ce matin dans une jolie chariotte jaune afin d’être livré à nos propriétaires mais … pas moi. On me confie effectivement à une autre jolie chariotte (jaune aussi) mais … qui ne prend pas le même chemin. Ainsi :
    • On m’a séparé de mon camarade (bévue numéro 1).
    • Le conducteur de la première chariotte camion ne s’en est pas aperçu (bévue numéro 2).
    • Au lieu de me laisser sur place, on m’a confié à un second conducteur (bévue numéro 3).
    • Le conducteur de cette seconde chariotte ne voit pas que je ne lui suis pas destiné (bévue numéro 4)

Que tout cela est fort ballot ! Ainsi, mes propriétaires (le sont-ils encore vraiment ?) vont voir arriver mon ex camarade de pérégrinations, et s’inquiéter de ne point me voir, moi. Sachant que je me ballade vainement dans ma chariotte (du diable ?) et que je ne rentrerai à l’entrepôt que tard dans la soirée : il n’est ainsi pas possible à mes propriétaires de venir me chercher avant la fermeture ce soir … D’après ce que je sais, ils ont alors eu la bonne idée de bigophoner au sultan de cet entrepôt afin qu’il s’assure que demain, je ne sois pas mis de nouveau dans une de ces chariottes : ils préfèrent venir me chercher eux-mêmes. Ils prennent bien soin de demander au sultan de faire passer le mot à ses gens pour le lendemain, et le sultan leur répond de ne pas s’inquiéter.

Voiture automobile
Voiture automobile

 

  • Vendredi – Bien qu’ayant un affreux doute, mes futurs ex-futurs propriétaires ne bigophonent pas de nouveau à l’un des subordonnés du sultan afin de vérifier que je suis bien resté sagement dans mon entrepôt comme convenu. Ils prennent leur propre chariotte (plus petite et non point jaune), et arrivent bien péniblement sur les lieux où je suis censé me trouver, le coeur battant. Après une attente raisonnable (de quoi se remettre du parcours), on les informe que l’on m’a confié de nouveau à l’une de ces chariottes (jaunes) => bévue numéro 5. Nous sommes dans le milieu de la matinée, mais je ne parviendrais au terme de mon long voyage (si tout se passe bien), qu’en fin de journée. Ainsi mes propriétaires ne peuvent point utiliser mon contenu avant … le lendemain. Dieu merci, tout se passera bien cette fois-ci, je parviendrais à bon port et découvrait enfin les visages (charmants à l’origine mais désormais fort grimaçants) de mes propriétaires, forts marris de ces complications imprévues.

 

Visage grimaçant
Visage grimaçant

 

Je vous remercie d’avoir lu mon histoire jusqu’au bout. Elle n’est guère originale (fort malheureusement). Il est bien possible que l’un de mes prédécesseurs, lui aussi grand voyageur dans l’âme, raconte lui aussi son histoire. Elle n’est guère plus compliquée à relater, mais elle a engendré des émotions bien plus grandes à mes propriétaires…

One Response to “Des pérégrinations d’un colis – De la souffrance de ses propriétaires”

  1. renon

    Le sultan de bordeaux est loin d etre efficace dans son travail il ferait bien de mettre de l ordre dans son organisation afin de permettre a ces gentils colis tres attendus d arriver a bon port au plus vite

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